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Blog de Marylise Martins, espace de libre expression démocratique, ouvert à tous les citoyens qui souhaitent s'exprimer et ne peuvent faire entendre leurs voix ailleurs.
Tout-puissant patron des programmes de France
Télévisions, Patrice Duhamel subit les attaques de Nicolas Sarkozy.
Pourra-t-il résister longtemps ?
Peut-on tenir longtemps face aux assauts répétés d'un président de la République ? Est-il possible de résister indéfiniment aux oukases de Nicolas Sarkozy ?
C'est la question que doit se poser le patron des programmes de France Télévisions, Patrice Duhamel, que le locataire de l'Elysée a pris en grippe.
Et le mot est faible.
Voilà des mois, en effet, que le bras droit de Patrick de Carolis encaisse les coups, essuie les remontrances du chef de l'Etat, dont les interventions ont pris, depuis quelque temps, un
tour particulièrement musclé.
Tout a démarré le 17 juin 2008, à l'Elysée, lors d'une banale remise de Légion d'honneur, en l'occurrence au photographe Yann Arthus-Bertrand, à laquelle
était conviée une poignée de personnalités du monde de l'audiovisuel.
Son discours à peine terminé, Nicolas Sarkozy harponne Patrice Duhamel, à qui il administre une volée de bois vert devant une assistance médusée. Tout y passe: l'incurie des
chaînes publiques, l'embauche de l'animateur Julien Courbet (l'une des bêtes noires cathodiques du chef de l'Etat), l'absence de clause d'audience dans les contrats d'animateurs...
Remonté comme une pendule, Nicolas Sarkozy va même, ce jour-là, jusqu'à reprocher à Duhamel de ne pas avoir diffusé, sur France 2, un match de l'équipe de France de football, dont
la chaîne publique n'avait pourtant pas les droits...
"Homme à abattre".
Depuis cet épisode, le climat s'est dégradé et les incidents n'ont cessé de se multiplier. Au point que ce journaliste, dont beaucoup découvrent et saluent la
témérité au fil des semaines, à France Télévisions, semble avoir remplacé Patrick de Carolis dans le rôle de l'"homme à abattre".
Si, à l'Elysée, on loue la manière avec laquelle l'ancien producteur des Racines et des ailes a pris à bras-le-corps la réforme audiovisuelle du chef de l'Etat, on brocarde, en revanche,
le "mauvais esprit" d'un Duhamel qui ne jouerait pas le jeu.
Du coup, pas un mois sans que cela ne tangue. Un jour, c'est la carrière de Patrick Sabatier qui fait débat et mobilise Nicolas Sarkozy. Un autre,
c'est le projet d'émission d'un autre de ses protégés, producteur de son métier, qui incite le président de la République à pourchasser Duhamel au téléphone, jusqu'à Vienne où il est
alors en week-end...
Et, quand il ne parvient pas à ses fins, le chef de l'Etat confie à l'un de ses collaborateurs la tâche de réfléchir à l'avenir des émissions littéraires sur France Télévisions,
court-circuitant par là même l'homme fort des programmes.
Ce bras de fer peut-il tourner à l'avantage de Nicolas Sarkozy ?
Décidés à écarter Patrice Duhamel de la position qu'il occupe, l'Elysée et le ministère de la Culture ont dépêché, il y a peu, des émissaires, afin de proposer au journaliste un poste au
CSA, en lui faisant même miroiter l'éventuelle présidence de l'institution : flairant le piège, l'intéressé a poliment repoussé cette promotion en forme de porte de sortie...
Mais là ne devrait pas s'arrêter l'offensive.
Dans les difficiles négociations sociales et budgétaires qui s'annoncent entre l'Etat et France Télévisions, Patrice Duhamel pourrait devenir un enjeu. Patrick de Carolis
sera-t-il contraint d'écarter son plus fidèle compagnon de route, au nom des intérêts de l'entreprise qu'il pilote ?
Sur la sellette, en juin 1996, alors qu'il était PDG de France Télévisions, Jean-Pierre Elkabbach avait cru opportun de se séparer de sa garde rapprochée, pensant ainsi sauver sa tête:
ce geste, peu reluisant, ne l'avait pas empêché de démissionner quelques jours plus tard, après que Jacques Chirac et Alain Juppé l'eurent lâché.
Publié le 06/03/2009 à 15h25 dans Médias sous contrôle