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Marylise Martins, Présidente du Mouvement Démocrate de la Seine Saint Denis et des élus MoDem/UDF de Noisy le Grand (blog)

Marylise Martins, Présidente du Mouvement Démocrate de la Seine Saint Denis et des élus MoDem/UDF de Noisy le Grand (blog)

Blog de Marylise Martins, espace de libre expression démocratique, ouvert à tous les citoyens qui souhaitent s'exprimer et ne peuvent faire entendre leurs voix ailleurs.

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Lefebvre, l'homme qui parlait trop...


Que ceux qu'il insupporte - et Dieu sait s'ils sont nombreux -  se réjouissent : dans cinq ans, Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, se taira.

Il produira un film consacré au bandit justicier Mandrin, grattera de la guitare dans son coin et organisera "de longs voyages avec des artistes, des chefs d'entreprise, des syndicalistes pour repérer à l'étranger des idées utiles à notre pays".

A 50 ans, il arrêtera la politique, il se l'est toujours promis. C'est l'âge auquel son grand-père adulé est mort sans avoir réalisé ses rêves. Et contrairement à sa femme, "très portée sur le karma", il ne croit pas à la réincarnation, alors il doit caser toutes ses vies en une.

Pour l'instant, il occupe celle de porte-parole de l'UMP. Ses déclarations ne sont ni des sommets d'intelligence ni de grands moments d'éloquence. Mais ce n'est pas ce qu'on lui demande. Il doit être la voix qui perce le brouhaha.

Son territoire est l'outrance, sa méthode la provocation. Impossible de plaider le dérapage, tout est pensé en vertu de ce postulat : seule la polémique surnage dans le flot des messages.

"J'ai calmé Domota"

"Il a un côté un peu bourrin, reconnaît Emmanuelle Mignon, conseillère à l'Elysée. Mais il réagit toujours politiquement dans le sens de ce qu'attendent les électeurs UMP. Et ça arrange tout le monde que ce soit lui qui s'y colle."

N'importe quelle émission, n'importe quel adversaire, n'importe quel sujet: toujours prêt ! Quand d'autres labourent leur circonscription, lui squatte les plateaux télé et jouit de la joute. Il assure même que la parole qu'il y délivre peut agir sur le cours des événements.

Comme lorsqu'il s'en est pris, la semaine dernière, à Elie Domota, comparant les hommes du LKP aux "tontons macoutes" haïtiens de sinistre mémoire : "J'ai reçu des témoignages de Guadeloupe, venant de droite et de gauche, me remerciant d'avoir mis le holà. Et Domota a compris qu'il devait se calmer."

A droite, ceux que Lefebvre consterne ne l'avouent qu'à mi-voix. La faute à cette ambiguïté où se niche l'essentiel de son pouvoir d'influence: "Quand il parle, dit un élu de la majorité, on ne sait jamais si c'est du Frédo ou du Sarko."

Les autres se montrent compréhensifs: "On sait tous que la fonction de porte-parole est ingrate, dit le député UMP Benoist Apparu. On lui demande d'être basique, de dire 'Nous, on est les gentils et eux, c'est les méchants.' A un moment ou un autre, comme Hortefeux, il va avoir besoin de sortir de ce rôle con, d'avoir sa propre voix."

C'est arrivé. C'était à l'automne 2007. Ecarté de l'Elysée, pour avoir déplu à Cécilia Sarkozy, privé de cérémonie d'investiture, il est devenu député, sans gloire, par la grâce de l'entrée au gouvernement de Santini, dont il était le suppléant.

Mais sa disgrâce passagère le sert : les élus qu'il terrorisait quand il était conseiller parlementaire de Sarko ministre prennent pitié de la bête à terre. "J'étais vu comme un passionné rejeté par l'exécutif!" Ils découvrent sous la caricature de porte-flingue l'homme sensible et posé qu'il peut être hors du ring. Et sont bluffés par le travail qu'il abat. Il avait constitué un réseau pour servir de machine à idées au candidat Sarkozy ?

Il le réactive, mais pour son compte propre.

Et pleuvent les fiches, les notes, les mémos ! A partir de cette matière première, Lefebvre dépose des kilos d'amendements. Et ses collègues entrevoient enfin celui que ses amis décrivent bon garçon, fou d'orchidées, de Gainsbourg et des Trois Mousquetaires. Un type prompt à rendre service. A ses proches. A ses électeurs. Aux lobbys qui frappent à sa porte.

"C'est le maître qui décide du moment où il donne l'os à son chien"

Et puis un jour, la parenthèse s'est refermée. Cécilia s'en est allée, de nouveau Lefebvre a clignoté sur le radar élyséen et, en mars 2008, il a été nommé porte-parole de l'UMP. Si tel est le désir du Président...

Voilà seize ans qu'il s'est placé à son service, ses choix dictés par une seule exigence, "être utile à Nicolas Sarkozy", ce garçon fougueux, connu dans les rangs des Jeunes RPR, en qui, love at first sight, le petit militant de Garches - fils, époux et gendre de militants - a vu un frère en énergie.

Pour accorder sa petite musique, Lefebvre est aujourd'hui en liaison quotidienne avec l'Elysée.

Mais pour engager l'UMP, il se passe de l'avis de Xavier Bertrand, pourtant secrétaire général du parti. "L'art d'un porte-parole, c'est de parler sans attendre qu'on vous en donne l'autorisation", rigole Franck Louvrier, le conseiller en communication du Président.

Pour servir de contrepoids à Xavier Bertrand, Lefebvre s'est même réconcilié avec un ennemi de quinze ans, Jean-François Copé. Un pied dans le parti, un autre à l'Assemblée.

Pour l'instant, c'est là que le guerrier est le plus utile à son patron. Aura-t-il le temps d'être ministre avant sa retraite politique ?

Un ami s'en désole: "C'est le maître qui décide du moment où il donne l'os à son chien."



Source : http://www.lejdd.fr/cmc/politique/200912/lefebvre-l-homme-qui-parlait-trop_196139.html




Note de la rédaction : A nos yeux, Lefebvre n'est qu'un démagogue au service des mauvaises causes. Il compense son manque d'intelligence par un excès d'arrogance et d'autoritarisme. Il symbolise tout ce que nous rejetons dans la politique.

Publié le 20/03/2009 à 18h38 dans Réactions à l'actualité

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